Réflexe de Moro : tout savoir sur ce réflexe archaïque des bébés
Votre bébé sursaute la nuit ou lorsque vous le déposez dans son berceau ? Il s’agit du réflexe de Moro, un réflexe archaïque tout à fait normal et nécessaire au bon développement neurologique de votre enfant. Si sa présence est un signe positif, il peut parfois devenir problématique, surtout lorsqu’il empêche bébé de dormir. Mais que sait-on réellement de ce réflexe archaïque ? Quelle est son utilité ? Combien de temps persiste-t-il ? Et surtout, est-il possible de le limiter pour retrouver des nuits paisibles ? La réponse dans cet article.
Qu’est-ce que le réflexe de Moro ?
Le réflexe de Moro est une réaction automatique et involontaire observée chez les nourrissons, qui a été décrite pour la première fois par le pédiatre autrichien Ernst moro. Dans ces travaux, il a remarqué que ce réflexe survenait lorsque les bébés étaient exposés à un changement soudain de stimuli, comme des bruits forts, une sensation de chute ou de perte de soutien par exemple.
Mais à quoi sert le réflexe de Moro au juste ? Et bien, à l’origine, il aurait servi de mécanisme de survie face à des menaces. Les bébés auraient développé ce mouvement de défense pour se protéger et s’adapter dans diverses situations. Bien que les conditions de vie aient considérablement évolué depuis, ce réflexe archaïque demeure un héritage biologique. Il joue un rôle crucial dans le développement neurologique des tout-petits aujourd’hui.
Comment se déclenche le réflexe de Moro ?
Le réflexe de Moro se manifeste lorsque votre bébé ressent des changements inattendus dans son environnement. Il peut s’agir d’une perte de soutien au niveau de sa tête, un mouvement brusque, un changement de position trop rapide, un bruit qui le surprend… Ce réflexe archaïque se reconnaît très facilement puisqu’il s’apparente à un sursaut. Le réflexe de Moro complet comprend :
- Un écartement des bras et un étirement des jambes : l’événement déclencheur provoque un écartement rapide et soudain des bras du nourrisson vers l’extérieur. Ses mains s’ouvrent et ses doigts s’écartent. Simultanément, le tout-petit va étirer ses jambes avant de revenir à sa position initiale.
- Une réaction respiratoire : en synchronisation avec l’écartement des bras, le bébé effectue une inspiration brusque suivie d’une expiration rapide.
- Une expression de surprise sur le visage de l’enfant : lorsque le réflexe de Moro se produit, le bébé peut afficher une expression de surprise en ouvrant grand ses yeux et en levant ses sourcils. Cette expression peut s’accompagner d’un petit cri, voire de pleurs.
- Une expression de surprise sur le visage de l’enfant : lorsque le réflexe de Moro se produit, le bébé peut afficher une expression de surprise en ouvrant grand ses yeux et en levant ses sourcils. Cette expression peut s’accompagner d’un petit cri, voire de pleurs.
Ne soyez pas inquiets si ces trois caractéristiques ne sont pas réunies : le réflexe de Moro se manifeste principalement par l’écartement des bras et l’extension des jambes.

Comment tester le réflexe de Moro ?
C’est votre professionnel de santé (médecin ou pédiatre) qui teste le réflexe de Moro lors des examens médicaux réguliers de votre nourrisson. Pourquoi ce test est-il important ? Et bien il fait tout simplement partie des évaluations du développement neurologique et moteur chez les bébés. Les professionnels de santé utilisent ces évaluations pour identifier d’éventuels retards ou anomalies dans le développement du système nerveux des nouveau-nés.
Lors de l’examen médical, le pédiatre crée une situation propice au déclenchement du réflexe de Moro. Il peut, par exemple, soutenir la tête du bébé avec une main et la laisser doucement basculer en arrière. L’objectif principal est d’observer la réponse du bébé à la stimulation. Votre nourrisson répond automatiquement et ses mouvements sont coordonnés ? Tout va bien. En revanche, une asymétrie importante ou l’absence totale de réaction peuvent nécessiter une attention particulière. Des examens plus approfondis pourront alors être demandés pour détecter d’éventuels troubles de la santé.
Quand disparaît le réflexe de Moro ?
Le réflexe de Moro, bien que présent dès la naissance, tend à diminuer progressivement au cours des premiers mois de la vie de votre bébé. En général, ce réflexe primitif atteint son pic d’intensité vers l’âge de 2 à 3 mois, puis commence à s’atténuer. La diminution coïncide généralement avec le développement des compétences motrices de votre tout-petit, telles que le contrôle de la tête, le retournement et le développement de la préhension. La disparition progressive de ce réflexe laisse alors place aux mouvements volontaires de votre enfant.
La plupart des bébés ne présentent plus de réflexe de Moro significatif après l’âge de 4 à 6 mois. Si vous constatez une persistance du réflexe au-delà de 6 mois, n’hésitez pas à en parler à votre pédiatre ou à votre médecin pour une évaluation plus approfondie.

Le réflexe de Moro empêche bébé de dormir : comment le calmer ?
Bien qu’il soit le signe d’un bon développement neurologique, le réflexe de Moro devient rapidement problématique lorsqu’il perturbe le sommeil de bébé. Les pleurs, les nuits agitées et la fatigue qui s’accumule sont aussi éprouvants pour les parents que pour les enfants. Alors, est-il possible de calmer le réflexe de Moro ? La réponse est oui, même si cela ne le fera pas totalement disparaître. Voici quelques conseils pour limiter le déclenchement de ce réflexe :
- Créez un environnement apaisant pour votre enfant : sa chambre (ou la vôtre, si vous pratiquez le cododo) doit être calme, sombre et non surchauffée.
- Établissez des routines de sommeil : bain, lecture, berceuse, tétée du soir, moment de câlins… Les routines sont importantes. Elles rassurent et apaisent les bébés.
- Optez pour l’emmaillotage : l’emmaillotage est une technique qui permet à votre bébé d’être contenu dans une couverture ou dans un lange. Cette méthode est apaisante puisqu’elle lui rappelle le ventre de sa mère. Attention toutefois à réserver cette technique aux nouveau-nés (jusqu’à l’âge de 2 mois environ). En effet, emmailloter votre bébé la nuit peut s’avérer dangereux dès lors qu’il arrive à se mettre seul sur le côté ou à se retourner. Cela augmente le risque de mort subite du nourrisson.
- Évitez les mouvements brusques : lorsque votre bébé est endormi, déposez-le tout en douceur dans son lit, sur le dos. Accompagnez-le le plus délicatement possible. En effet, si votre enfant ressent que sa tête par en arrière, le réflexe de Moro va se déclencher et donc, le réveiller.
Pour ma part, j’ai réussi à limiter le réflexe de Moro durant les siestes de mon fils en le faisant dormir contre moi, en position grenouille. Pour plus de praticité, je suis passée au porte-bébé physiologique afin de pouvoir me déplacer et avoir les mains libres pendant qu’il dormait. C’est une super technique que je vous recommande pour les dodos de courtes durées !
Quels sont les autres réflexes archaïques des nouveau-nés ?
Les bébés naissent avec plusieurs réflexes archaïques, dont le réflexe de Moro. Si certains ne sont plus aussi nécessaires qu’auparavant, ils restent importants pour vérifier le bon développement des nourrissons. Ils sont généralement présents à la naissance et disparaissent progressivement à mesure que le système nerveux se développe. Voici quelques-uns des réflexes archaïques courants chez les bébés :
- Réflexe de succion : le réflexe de succion est crucial pour l’alimentation du nourrisson. Il permet au bébé de boire et de s’alimenter, à travers le sein ou le biberon. Ce réflexe disparaît généralement vers l’âge de 6 mois, coïncidant avec l’introduction de la nourriture solide.
- Réflexe de marche automatique : lorsque le bébé est tenu debout et que ses pieds touchent une surface plane, il peut effectuer des mouvements de marche. Ce réflexe disparaît généralement vers l’âge de 2 mois.
- Réflexe tonique du cou : lorsque la tête du bébé est tournée d’un côté, le bras du côté de la tête tournée s’étend, tandis que le bras du côté opposé se plie. Ce réflexe est également appelé le réflexe de « l’escrimeur ». Il est présent dès la naissance et disparaît généralement entre 4 et 6 mois, coïncidant avec le développement de la capacité du bébé à se retourner.
- Réflexe de préhension (ou d’agrippement palmaire) : il se déclenche lorsque la paume de la main du bébé est stimulée, que ce soit par un objet ou par un toucher direct. En réponse à cette stimulation, les doigts du bébé se referment instinctivement autour de l’objet ou du doigt. Présent dès la naissance, le réflexe de préhension atteint son apogée au cours des premières semaines de la vie du bébé puis diminue progressivement.
- Réflexe des points cardinaux (ou de recherche) : il se déclenche lorsque l’on touche la joue du nourrisson. Le bébé tourne alors instinctivement sa tête du côté de la caresse en ouvrant la bouche. Ce réflexe est souvent associé à la recherche d’un mamelon, favorisant ainsi l’allaitement.
- Réflexe de natation : lorsque le visage du bébé touche l’eau, ce réflexe est déclenché, entraînant des mouvements de bras et de jambes qui imitent des mouvements de natation. Il est généralement présent à la naissance et diminue progressivement au cours des premiers mois de la vie du bébé.
Il existe d’autres réflexes primaires qui perdurent à l’âge adulte comme le réflexe de déglutition, de bâillement ou encore, de toux.
En résumé
Le réflexe de Moro est donc un indicateur clé qui permet de vérifier le bon fonctionnement du système nerveux des nourrissons. Il est vrai qu’il peut parfois devenir incommodant, notamment lorsqu’il vient perturber le sommeil de votre bébé. Pas d’inquiétude cependant, ce réflexe automatique finit par disparaître au bout de quelques mois pour laisser place aux mouvements volontaires de votre tout-petit. N’hésitez pas à mettre en place des routines de sommeil et à emmailloter votre enfant pour lui permettre de s’apaiser et ainsi éviter qu’il se réveille en sursaut. Et pour les siestes, le porte-bébé ou l’écharpe de portage est une super option !



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